NIMES : Ras le bol au CHU

Publié le par FSC

 

En cette fin de semaine un peu spéciale, la CGT faisait un point sur la situation budgétaire du centre hospitalier universitaire (CHU) de Nîmes ainsi que sur sa gestion de la crise sanitaire actuelle.

" Les agents craquent réellement... ", avoue Nathalie Argenson, responsable syndicale CGT au CHU de Nîmes. Pour Bruno Rivier, secrétaire général de la CGT à l'hôpital d'Alès, " on nous dit qu'on est en guerre. Après 1945 on a créé la protection sociale ! On avait l'espoir de vivre la même chose. On se disait qu'il y aurait des propositions fortes... Ce fut une douche froide !  Nous n'avons même pas les effectifs nécessaires à la bonne gestion de la deuxième vague (de covid-19) et la direction du CHU fait des économies, c'est incroyable ! Même dans le secteur privé les budgets sont maintenus... "

Concernant le budget, la CGT a la T2A (tarification à l'activité) en travers de la gorge. Selon le syndicat, l'activité de l'établissement n'a pas cessé d'augmenter, de 7 à 10 % par an, mais les embauches n'ont pas suivi la même courbe de progression. Constat que la direction valide. " On demande 10 % de personnel en plus. Sans la taxe sur les salaires, on pourrait embaucher 500 personnes, le directeur général lui-même nous le dit ! ", ajoute Bruno Rivier. Le CHU compte 6 000 salariés, la CGT en veut donc 600 supplémentaires. En 2018, les 44 000 heures supplémentaires accumulées par les salariés du CHU représentaient 281 équivalents temps plein. Sans parler des heures placées sur le compte épargne-temps.

Les syndicalistes veulent changer la donne (Photo Anthony Maurin).

" Nous demandons aussi que le déficit annoncé cette année, qui sera de 30 à 40 millions d'euros, soit comblé en cinq et non en deux ans. Nous ne voulons pas entendre parler d'augmenter une nouvelle fois l'activité pour combler le trou ! ", note Nathalie Argenson. Les syndicalistes vont aussi envoyer une lettre aux députés pour qu'ils suppriment la notion de T2A dans l'élaboration des budgets des hôpitaux.

Deuxième vague

La deuxième vague de covid-19, plus forte selon elle, fait peur à la CGT. Fatigué par la gestion de la première, le personnel est déjà sous l'eau. Les cas de positifs à la covid-19 ne cesse de s'accroître ? " La direction se vante que le personnel touché lors de la première vague était dans la moyenne nationale avec 6 %. Mais l'Occitanie a été bien moins touché par la covid-19 que d'autres régions comme Paris ou le Grand Est. Depuis le début de la crise et jusqu'en juillet le chiffre était de 359 sur 6 000. Pour Montpellier ? 80 sur 11 000 ! Et cette deuxième vague sera certainement plus forte pour les personnels du CHU ", relève Nathalie Argenson.

C'est aussi l'aspect sanitaire qui pose de nombreux problèmes au syndicat. Une adaptation aléatoire dont les effectifs ne comprennent pas toujours le fonctionnement. " Comment peut-on être six à table alors qu'on est vingt à devoir manger quasi en même temps ? Où devons-nous aller ? Que devons-nous faire ? Ils ont trouvé un moyen, ils ne laissent que six chaises autour de la table ! Il n'y a aucune autre solution que celle-là ? On ne nous écoute même pas... ", brosse Valérie Peytavin, qui était au conseil de surveillance de ce vendredi matin où elle se plaint que le président Jean-Paul Fournier a éludé ses remarques. Le service réanimation est passé de 36 à 46 lits. 120 lits sont aujourd'hui dédiés aux malades de la covid-19.

(Photo Anthony Maurin).

Il en va de même pour les cas contact et les cas positifs. Plusieurs voies et plusieurs voix. " On ne maîtrise pas. On ne connaît pas grand chose sur la maladie mais chacun doit jouer son rôle. L'hygiène, c'est la base et on nous sort des consignes qui sont en-dehors de toute logique sanitaire. On demande un meilleur accompagnement, que les consignes soient claires pour les cas contacts et positifs ", pense Nathalie Argenson.

Le management

Nathalie Argenson regrette de nombreuses choses. Des petits cailloux au fond des poches qui se transforment en rocher noyant les personnels las de travailler dans ces conditions. " Le CHU n'est pas une entreprise normale et pourtant on y applique le management " new public " qui est bien connu depuis les années 1980... On voit ce que ça donne et on en connaît les dégâts ! Il nous faut organiser le travail en fonction de la réalité des services et en écoutant ceux qui bossent et qui connaissent leur boulot. Nous avons une expertise qui pourrait servir pour gagner le droit de remettre l'intérêt de la santé publique au premier plan de nos enjeux de société. "

Bien travailler pour bien soigner. Une envie pour des métiers qui convergent tous vers un seul point, l'humain. " On est au bout d'un système mais on a toujours besoin de l'hôpital et il faut permettre à l'hôpital public de fonctionner ! ", conclut Bruno Rivier.

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