La lutte des ASCOVAL au cinéma : Le feu sacré

Publié le par FSC

Une victoire, mais où les coups bas et les chantages (si vous voulez sauver l'usine alors il faut accepter les reculs sociaux n'ont pas manqués)!

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SOURCE : France TV Info

 

De l'aciérie au grand écran... Les salariés d'Ascoval ont fait l'ouverture du festival de cinéma de Valenciennes. Le feu sacré est un film documentaire d'Eric Guéret qui retrace leur combat en 2018.

Une séance en avant-première chargée d'émotion pour tous les ouvriers qui ont bloqué le site pour sauver leurs emplois. Ce soir-là, les acteurs étaient spectateurs. "Se voir sur grand écran, c'est un peu flippant", confie Nacim Bardi, salarié chez Ascoval. 

Le combat et la victoire
Filmé dans la région où le conflit social a grondé durant plus d'une année, le documentaire résonne fortement pour les spectateurs du Nord. Au terme de la lutte, les ouvriers, la Direction et les responsables syndicaux d'Ascoval obtiennent gain de cause. L'entreprise de Saint-Saulve est sauvée en mai 2019 grâce à un accord avec le groupe British Steel. Durant toute la crise, Eric Guéret a suivi le combat en immersion. 

Aujourd'hui, 262 personnes sur 300 travaillent toujours dans l'aciérie. Au-delà du conflit social, Le feu sacré raconte la vie, les familles de ces hommes et femmes qui sont en jeu, et leur ténacité. "C'est un magnifique message d'espoir qui montre que quand on est unis, quand on se bat et que tout le monde s'y met, 

 

 

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SOURCE : Marianne

Dans un documentaire en salles depuis ce 21 octobre, le réalisateur spécialiste de l'immersion Eric Guéret livre un récit poignant et haletant sur le combat des 270 salariés de l'acierie d'Ascoval, près de Valenciennes.


Rares sont les documentaires à tenir en haleine le spectateur, à plus forte raison lorsqu’ils traitent d’un conflit social. « Le feu sacré », d’Eric Guéret, réalisateur engagé et grand spécialiste du cinéma en immersion, brosse un véritable thriller à partir du récit d’une année (2019) de tous les dangers pour les 270 salariés de l’acierie Ascoval, située à Saint-Saulve, près de Valenciennes. En dépôt de bilan, bien qu'apparemment fort moderne, Ascoval, propriété du fabricant de tubes en acier Vallourec, lui-même partiellement détenu par l’Etat, avait une année pour trouver un repreneur.

A l’heure où Paris clame à tous vents sa volonté de lutter contre la désindustrialisation voire de favoriser les relocalisations, l’acierie Ascoval allait-elle être survivre ? On a là tous les ingrédients d’un drame à suspense, sur fond de mondialisation : gueules noires, intrigues, intérêts concurrentiels, coups bas et trahisons, rebondissements, doutes et enfin fracassantes révélations sur les couloirs feutrés de Bercy : tourné tout le long de l’année du redressement judiciaire d’Ascoval, au rythme des offres successives de repreneurs potentiels, Eric Guéret, qui s’est vu ouvrir toutes les portes de l’entreprise, conduit le spectateur vers un dénouement que nous nous garderons de dévoiler.

FASCINÉ PAR SON SUJET

Si quelques pneus sont brûlés sur un rond-point, les syndicalistes à l’accent chti, avouant leurs doutes, surmontent leurs divergences pour soutenir le directeur belge de l’usine, qui se bat comme un diable pour la survie de l’entreprise. Opposé à tout plan social, le dirigeant juge l’usine parfaitement rentable, à condition que les salariés acceptent de renoncer à certains acquis sociaux. Un cas de conscience déchirant pour les uns, un casus belli pour d’autres. Filmés à leurs postes de travail, les salariés confient, parfois la larme à l’oeil, leur attachement à l’usine.


Visiblement fasciné par son sujet, Guéret filme merveilleusement le feu surgissant de la forge, et livre avec empathie les espoirs, joies ou déceptions endurées par l’équipe d’Ascoval. Il accompagne celle-ci à deux reprises à Bercy, pour y rencontrer Bruno Le Maire, puis accueille à Saint-Saulve la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher, dépêchée depuis Paris pour liquider l’entreprise.

Il recueille l’indignation de Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France, face aux petits arrangements de nos élites économiques, prêtes à sacrifier une telle entreprise à des intérêts qu’ils jugent supérieurs. Les extraits de journaux télévisés renvoient le spectateur à la réalité de ce thriller. Bref. A l’heure de la désindustrialisation galopante, un film indispensable, qui dépasse de loin la fiction…


Par Anne Dastakian

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