A propos de l'abominable crime contre l'enseignant Samuel PATY !

Publié le par FSC

L'horreur, la sidération, le rejet total de cet acte ne peuvent conduire à la cécité ou à l'aveuglement !

Ci-après des réactions qui ne sont pas à l'unisson des réactions dominantes.

Ce qui devrait aussi nous alerter c'est le recyclage en France d'un Emmanuel Valls ayant lamentablement échoué à Barcelone et qui se répand dans les médias pour s'en prendre en premier lieu à la gauche qu'il exècre et à Jean-Luc Mélenchon.

Après avoir proclamé 26 septembre 2018, à Barcelone :

que « La lutte des classes disparaît au profit de la guerre entre races" dans la droite ligne de la théorie de la guerre des civilisations convoquée à la fois par les classes dominantes occidentales et par les fanatiques religieux d'un autre âge.

_________________________

Sur leurs blogs respectifs :

 

Danielle BLEITRACH :

 

Face à l’horreur, la stupéfaction que nous éprouvons tous devant ce qui s’est passé, il me semble nécessaire de ne pas en profiter pour faire un paquet cadeau. Dans ce domaine comme dans d’autres, je pense qu’un retour aux fondamentaux du marxisme léninisme, plus un peu de bon sens face aux réalités de la vie aiderait à retrouver le chemin le plus efficace et le plus juste… Ces derniers temps et ce n’est pas le seul domaine, tout le sociétal est la proie d’une hystérisation invivable, je me suis retrouvée totalement en porte à faux avec tous les “idéologues” de la gauche et du parti (1). Alors je vais essayer de vous dire comment je vois les choses. C’est une simple contribution à un débat qu’il faudra bien avoir.

Bon voilà, on est tous horrifiés, stupéfaits.. et maintenant qu’est-ce qu’on fait, quelle leçon politique sur le long terme, pas dans l’événement, on en tire?

Ceux avec qui le dialogue musclé serait productif c’est la famille qui a porté plainte et qui a exposé le prof dans les réseaux sociaux. Là il y a malveillance et mise en danger de la vie d’autrui. En plus ces gens-là ne sont pas des terroristes mais des procéduriers qui passent leur vie à emmerder le service public. Ils sont capables d’entendre raison et l’horreur du geste ne doit pas nous masquer la nécessité d’une réflexion collective entre Français tout à fait capables de raisonner : un dialogue politique.

Ce qui est incroyable c’est la tolérance dont ils jouissent, la complaisance même. Certes la proviseure a refusé de lâcher son collègue, mais l’éducation nationale une fois de plus a été aux abonnés absents. Blaquer peut venir faire son numéro républicain, il s’avère que les enseignants dans ce cas comme dans d’autres sont seuls. Cette solitude de l’enseignant comparable à celle du gardien de but devant un penalty existe dans bien des domaines y compris face à l’épidémie. Quand un enseignant est seul, l’idéologie ambiante l’envahit comme les autres… Alors avec la meilleure volonté du monde il peut commettre des maladresses tant il se retrouve au cœur de contradictions, oserais-je dire que le choix du matériel, comme il l’a reconnu lui-même n’était pas de ceux les plus aptes à établir le dialogue, même si rien ne justifie l’excitation de la famille et encore moins le crime. La manière dont Blanquer et la plupart des forces politiques s’emparent de l’affaire n’est pas destinée non plus à aider l’enseignant et leur réaction ne m’inspire rien de bon. Par ailleurs, pour tous ceux qui sont en train de se coller un badge “je suis un enseignant” copié sur le “je suis Charlie” ,je suis navrée d’avoir à vous le dire, mais une salle de classe ce n’est pas la salle de rédaction d’un journal satirique. Des ados c’est parfois de la dynamite, la mauvaise foi incarnée et en même temps une expérience formidable à laquelle on n’est jamais tout à fait préparé, mais c’est comme le spectacle vivant, l’intérêt c’est de savoir si le lion va manger le dompteur. Je plaisante mais à peine, ce travail a besoin d’un collectif responsable. Parce que le vrai problème est bien dans ce qu’ils doivent affronter, l’inégalité encore aggravée par le confinement, comment y faire face, avec quels moyens, comment faire face à l’injustice, au désespoir et à l’agressivité qui va avec.

Donc il ne faut pas tout confondre.

Il y a d’un côté le Tchétchène appartenant à une société ultraprimitive, radicalisée et devenu une bête fauve qui a servi des intérêts que l’on connait. C’est Hilary Clinton qui disait des gens de Daech “ce sont des monstres mais ce sont nos monstres”. Je me suis “amusée” à relire les propos de nos médias à propos des deux guerres de Tchétchénie et la manière dont on a présenté ces gens-là comme de gentilles victimes, eux et les talibans, et ça continue pour les Ouïghours, tant que ces brutes vont foutre le bordel là où nous le souhaitons et qu’ils nous permettent de déstabiliser ceux que nous avons désignés nous nous accommodons. Mais la première chose dont nous devons avoir conscience c’est que les principales victimes sont des musulmans qu’il s’agisse des Maliens, Libyens, Syriens, des Algériens dans la décennie noire. Pour arrêter “le terrorisme”, il faudrait changer de logique et arrêter d’inventer que nous avons un devoir d’ingérence là où nous ne sommes que des pillards. Et de ce point de vue, la gauche, le secteur international du parti qui a approuvé de fait toutes les expéditions portent une lourde responsabilité et doivent changer de point de vue.

De l’autre côté, il y a un dialogue avec des familles musulmanes qui sont des gens de droite, calotins, comparables à nos intégristes catholiques et qui aident à constituer les viviers de ces enfants perdus et avec lesquels il faut ce dialogue politique comme avec toutes les extrêmes-droites… en tant qu’individus… Avec une institution éducation nationale unie et solidaire autour de ses missions, une revalorisation y compris du statut de l’enseignant. Tout n’est pas financier mais c’est incontournable comme moyen des missions républicaines et progressistes.

Puis il y a la masse des musulmans qui est loin des deux précédentes catégories… je me refuse à tous les mélanger. Les premiers, ceux qui accomplissent des crimes qui révulsent la conscience ici après avoir comme nos supplétifs ensanglanté et déstabilisé des pays entiers, ce sont des nazis, des bêtes fauves que l’on a transformés en ça. Malheureusement ils relèvent d’une solution militaire chez nous et que l’on arrête d’en former et d’en développer ailleurs.

Les seconds doivent être clairement remis à leur place par rapport au service public, l’école mais aussi la santé quand ils décident de perturber un service entier avec leurs exigences religieuses. Ce sont en général des petits bourgeois aussi insupportables que ceux qui, catholiques ou autres, chez nous emmerdent sur l’avortement ou contre le mariage homosexuel. Et la complaisance dont on fait preuve à leur égard ne se justifie pas y compris à gauche, tout cela mérite débat et réflexion y compris à l’intérieur du parti, mais les premiers relèvent du militaire, les second d’un débat politique sans complaisance sur la laïcité. Il y a dans le parti communiste et singulièrement dans la commission féminine, qui faute d’une politique de classe avec les couches populaires, des présupposés qui sont autant de pressions systématiques contre la laïcité. C’est toute la gauche qui agit ainsi et joue les dames patronnesses entretenant à la manière des démocrates américains un débat communautariste encore moins justifié en France qu’aux Etats-Unis. Que l’on ne rentre pas dans les leurres du voile ou autres est une chose, que l’on manifeste pour défendre le voile en est une autre, tant que l’on ne verra pas la différence, on n’aidera pas à une compréhension collective de la laïcité, à l’école ou ailleurs.

Avec une telle idéologie, la gauche et parmi eux les enseignants sont complétement démunis pour affronter avec leurs élèves des questions sensibles, ils peuvent en faire trop ou pas assez. Cela participe de leur solitude face aux conséquences sociales de processus face auxquels ils se retrouvent comme des fantassins sans armes, ni bagage. Avec des procéduriers qui leur pourrissent la vie, une administration absente. Vider l’abcès si faire se peut devrait être le premier souci des communistes. Il est difficile de le faire quand l’horreur du crime envahit notre vision.

Pourtant ce serait nécessaire parce que la grande masse des musulmans français est tout à fait ailleurs : le geste leur fait horreur même si peu d’entre eux sur le fond admettent caricatures et “blasphèmes”. Ils sont plus croyants que la masse des Français mais cela évolue, il n’y a qu’à voir comment le Canada est passé d’une génération d’un catholicisme intégral à un athéisme décontracté… Pareils pour les Italiens en France ou autres Portugais. Donc ils sont plus croyants et ne sont pas plus enthousiastes devant les “caricatures” anticléricales que les autres croyants ne le sont. Ils se demandent pourquoi nous insistons, mais ils haïssent plus encore que nous les terroristes. Au risque de vous étonner je vais vous dire qu’il y a une certaine réussite dans l’intégration de ces populations issus de la colonisation et de migrations forcées en particulier dans les couches populaires où la mixité est devenue une réalité. Il plaident comme je le fais ici pour qu’on parle d’autre chose, ils sont très préoccupés de l’avenir des enfants et de ce que la société fait d’eux. Un tout autre dialogue est possible à partir de l’école, je le sais je l’ai mis en œuvre, je le pratique tous les jours. Et moi d’origine juive, qui ne supporte pas le moindre antisémitisme, je n’ai jamais eu aucun problème ni dans ma famille algérienne, ni chez leurs amis. Ils adhérent au parti s’y retrouvent bien suivant les lieux où ils tombent. Avec eux je parle de la géopolitique, nous sommes le plus souvent d’accord et de la vie quotidienne, de la nécessité que les pauvres s’entendent contre les riches. Je partage leurs problèmes et ce jusqu’à la prison, jusqu’aux crises des ados et je me fous complètement de la manière dont ils ou elles sont vêtus. Et il n’y en a aucune qui ressemblent à des belphegor même si certaines sont voilées.

Est-ce un hasard si ceux qui arrivent parmi les communistes à réellement créer les conditions de l’adhésion, de batailles communes et de dépassement des querelles religieuses sont ceux qui privilégient cette dimension de classe… Je pense en particulier à mes camarades de Vitry et je suis convaincue que si le parti au prochain congrès retrouve les fondamentaux cela va changer beaucoup de choses y compris pour la gauche, pour la défense de la laïcité. Beaucoup de faux problèmes dont se nourrit ce pouvoir et l’extrême-droite tomberont, ce qu’il faut affronter le sera dans de meilleures conditions. Tous les problèmes que crée le capitalisme, le chômage, les inégalités devant la santé, l’éducation, la culture, ne tomberont pas et ils continueront à entretenir le racisme, l’extrême-droite mais en les affrontant nous créeront les conditions d’une véritable laïcité qui ne soit pas stigmatisation.

Ce retard pris et l’aggravation des problèmes en France et dans le monde, renforce ma colère contre les expéditions néo-coloniales, les déstabilisations de la CIA et de l’OTAN et aussi la “gôche” qui se cherche une clientèle à bon compte au lieu d’affronter les vrais problèmes des couches populaires face à l’école comme à l’emploi, au logement, à la santé, au lieu de se mettre ensemble en situation d’affronter les défis de notre temps, les épidémies, l’environnement qui ne connaissent ni frontières, ni races, ni genres mais continuent à être subis différemment suivant les classes sociales .

Au delà de l’horreur, de la stupéfaction que nous ressentons tous, il faut savoir ce que l’on cherche, avec nos fondamentaux de classe et aussi un minimum de bon sens et d’empathie. Nous avons besoin d’urgence d’un retour du parti communiste Français.

Danielle Bleitrach

(1) je me suis retrouvée accusée par des délirantes féministes communistes du Vaucluse d’être quasiment une disciples de Marine Le Pen parce que je faisais remarquer qu’au lieu de faire une fixette sur le voile, il vaudrait mieux prendre en compte les problèmes concrets de logement, d’éducation, d’emploi… Même question à propos de l’homosexualité, ceux qui étudient les interventions du parti dans ce domaine trouvent mon nom, dans mes responsabilités politiques comme dans ma vie politique j’ai toujours combattu l’homophobie. Je déteste que l’on enquiquine les gens pour ce genre de choses et je ne comprends même pas au nom de quoi on se le permet, mais quand on en fait l’alpha et l’oméga de la politique, quand je vois qu’entre les sociaux démocrates et ceux qui ne pensent qu’à ça on réduit la figure d’Aragon, je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas plus que si on réduisait la figure de quiconque à l’une de ses dimensions alors que l’on gomme l’essentiel qui est son écriture et son adhésion aux combats du siècle sur des bases jusqu’au bout j’en témoigne sans ambigüité et sans complaisance à l’égard des dérives social-démocrates. Bref il y a manière de prendre des questions importantes parce qu’elles concernent l’émancipation individuelle d’une manière non communiste qui exaspère les antagonismes. Alors que le point de vue réellement communiste est le seul capable de créer l’unité.

 

______________________________

 

Gilles QUESTIAUX dans Réveil communiste

 

 

Un professeur d'histoire a été assassiné et décapité vendredi 16 octobre à Conflans en région parisienne pour avoir montré à ses élèves collégiens des caricatures de Mahomet, dans le but de leur enseigner la tolérance. Ce crime est un de ces faits divers horribles qui se multiplient et qui montrent la déliquescence générale de notre société, à l'instar, par exemple du meurtre d'un chauffeur de bus à Bayonne l'été dernier.

Mais on voudra très certainement lui faire signifier autre chose. On se précipitait déjà le soir même à Conflans pour refaire le coup éculé de l'Union Sacrée.

Si la présentation des faits est exacte, cet enseignant est une victime de plus du terrorisme propagé dans le monde par les pétro-monarchies protégées de l'Occident et que caresse Emmanuel Macron.

Mais il s'agit aussi d'une victime de cette idéologie moralisatrice qui oblige les enseignants à entrer dans les polémiques hystériques orchestrées par les médias, au lieu de faire leur métier, qui consiste à enseigner des concepts et des savoir-faire dans une ambiance sereine.

Il est à noter que l'assassin est "né à Moscou", il s'agit donc d'un musulman de Russie fanatisé qui a trouvé refuge en France grâce à notre ostentatoire tolérance qui fait honte aux méchants Poutine et Xi Jinping ! (C'est un Tchétchène, cela aurait aussi bien pu être un Ouïghour).

J'ai exercé précisément ce métier trente ans dans des quartiers présumés difficiles en banlieue parisienne, et j'ai été confronté assez souvent aux effets de la propagande des groupes intégristes pour savoir de quoi je parle. Il était jusqu'à ce jour vraiment exceptionnel que le ressentiment idéologique des élèves les pousse à la violence, mais il était contre-productif d'un point de vue éducatif de les provoquer en leur mettant sous le nez précisément ce qu'ils n'ont pas envie de voir. En ce sens, cet enseignant est aussi la victime du rôle de porte-parole du discours consensuel - et rigide - des médias et des politiques "mainstream" sur l'actualité et sur l'histoire qu'on impose en douce aux professeurs d'histoire et géographie.

Au centre de ce discours narcissique des propriétaires de la société imposé aux masses à travers les programmes scolaires, il y a justement l'injonction paradoxale à la "tolérance", qu'on oppose à la source de tous les maux, le "totalitarisme". L'injonction de la part des gens qui ont des bonnes manières d'être "Charlie" et de brandir bien haut le droit à l'insulte et à l'obscénité.

Et utiliser les caricatures de Mahomet pour enseigner la tolérance ne peut aboutir qu'à l'échec, car tous les musulmans, pas seulement les intégristes ou les fanatiques, détestent ces pseudo-caricatures aux intentions troubles qui sont perçues par les intéressés comme pouvaient l'être par les juifs les caricatures antisémites dans la presse d'avant-guerre. Il y a quelque chose qui sonne faux dans l'idée de les montrer pour montrer la liberté de les montrer ! Comme si elle ne signifiaient rien en elles-même.

Ce que ce crime révèle aussi, c'est l'absence totale d'engagement de l'État pour défendre ses fonctionnaires contre la délinquance, dont ce terrorisme relevant de la psychiatrie est une forme typique de l'heure, au delà des belles paroles dont ils vont se gargariser. Contrairement à la Russie ou à la Chine qui le combattent véritablement, et qui sont assez critiqués pour ça.

Dans les quartiers pauvres, l'enseignant est souvent le seul représentant de l'État qui reste véritablement au contact des habitants, et il a bien d'autres chats à fouetter qu'être le garde champêtre envoyé par le gouvernement pour surveiller la pureté idéologique des âmes des adolescents. Il doit pour commencer essayer avec les moyens du bord de désembrouiller leur esprit perturbé par le spectacle marchand, et dans la mesure du possible consolider les bases branlantes de leur instruction, gâchée par toute une génération de sabotage de l'Éducation nationale.

Restent sur le carreau un père de famille de 47 ans, qui essayait de faire son métier comme on lui le lui avait prescrit, et un jeune de dix-huit ans manipulé et sacrifié par des adultes cyniques qui n'aura pas vécu.

 

GQ, 17 octobre 2020

 

 

 

______________________________

Antoine MANESSIS

 

L'abominable assassinat d'un professeur d'histoire, Samuel Paty, à Conflans-Sainte-Honorine, par un jeune Tchéchène de 18 ans, fait la une des médias.

Les faits.

Un enchaînement de faits, depuis le cours de Samuel Paty le 5 octobre montrant deux caricatures du prophète Mahomet dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression, a mené à cet assassinat. Dès le soir de ce cours, un parent d’élève, alerté par sa fille, publie une vidéo pour relater les faits et appelle à une manifestation pour demander l’exclusion de l’enseignant. Trois jours plus tard, le père et un second individu se rendent au collège pour rencontrer la principale du collège. « Elle a essayé d’apaiser les choses, pendant que les deux personnes demandaient le renvoi du professeur sous peine d’une mobilisation », a relaté Jean-François Ricard. Le soir de ce même 8 octobre, le père publie une nouvelle vidéo dans laquelle il nomme le professeur, donne l’adresse du collège et incite ceux qui le veulent à manifester « pour dire stop ».

Le 11 octobre, le père se rend au commissariat avec sa fille pour porter plainte pour diffusion d’images pornographiques. Le professeur est entendu le 12, il relate le contenu de son exposé, dont il remet une copie. « Il n’a pas dit aux élèves musulmans de sortir de la classe, mais a pris soin de proposer aux élèves qui pourraient être heurtés de ne pas regarder », a dit le procureur. Samuel Paty a porté plainte à son tour pour diffamation.

Le procureur a évoqué une dernière vidéo, publiée le 13 octobre sur YouTube, dans laquelle on retrouve le père et sa fille. Une tierce personne accuse Emmanuel Macron d’attiser la haine contre les Musulmans et appelle à une manifestation devant le collège. Il s’agit de l’homme qui avait accompagné le père pour aller voir la principale. Cette dernière fait état de nombreux appels de menace reçus au collège à la suite de la diffusion de cette vidéo.

Enfin, vendredi, l’assaillant était devant la grille du collège, et sollicitait des élèves pour lui désigner le professeur.

Vendredi, à 17h11, la police nationale est sollicitée par la police municipale après la découverte d’un corps sur la voie publique. Un homme avec une arme de poing est immédiatement désigné comme l’auteur présumé des faits. Les policiers nationaux se rendent sur place et tombent sur lui. « A leur vue, l’individu a couru dans leur direction et tiré à cinq reprises avec son arme de poing », a raconté le procureur. Trois policiers ripostent et le touchent. A terre, l’assaillant tente de se relever et de donner des coups de couteau. Il est neutralisé. « Son corps présente neuf impacts d’entrées de balles », a-t-il détaillé.

Nos commentaires.

L'émotion, ô combien légitime, devant ce genre de barbarie ne doit pas empêcher d'avoir une réflexion sur cet événement et sur ce qui le suit.

L'acte lui-même et la capacité à le commettre semble indiquer que l'assassin, en France depuis 12 ans, était fortement perturbé psychologiquement et fanatisé.

Le procureur "anti-terroriste" Jean-François Ricard a déclaré que ce crime "confirme le très haut niveau de la menace terroriste islamiste à laquelle nous devons faire face", déclaration très discutable à moins de renseignements que nous n'avons pas. L'acte isolé d'un fanatique ne signifiant pas "une menace terroriste de haut niveau". La menace existe, elle est permanente. Mais créer, involontairement ou pas, un climat de peur avec ce genre de discours est étonnant. 

Macron quant à lui a dit "Je veux dire ce soir, de manière très claire, ils ne passeront pas". De quoi et de qui parle le président? Sommes-nous victimes d'une attaque dont on ne saurait rien? Une armée ennemie a-t-elle franchie les frontières? Un putsch a-t-il été tenté? Pourquoi cette référence au "No pasaran" anti-fasciste de la République espagnole lancé par une femme, Dolores Ibárruri, députée et dirigeante communiste? Non, il ne s'est rien passé de tout cela : un jeune abruti fanatique et criminel a commis un acte odieux. La République est assez solide, pouvons-nous espérer, pour qu'un acte de ce genre ne la mette pas en danger. Macron manque de sens de la mesure ou il panique , dans les deux cas un mauvais point pour lui.  

D'autre part Macron a la mémoire courte : il y a peu de temps lui et ses prédécesseurs n'avaient pas de mots assez durs contre les troupes syriennes et russes qui combattaient les assassins de Daesh et des autres organisations terroristes. Macron ne sait-il pas qu'il est membre de l'OTAN dont un pays membre (la Turquie) envoie des tueurs fanatiques de Syrie en Azerbaïdjan combattre les Arméniens du Haut-Karabakh? Et que dire de ce que disait la France quand Poutine combattait les fanatiques de Tchétchénie?

Quand les paramilitaires colombiens à la solde du gouvernement colombien  (et des Etats-Unis) assassinent des enseignants, des paysans, les étudiants, des ouvriers syndicalistes en Colombie où sont les "No Pasaran" de Macron ? Les innocents torturés et assassinés ne comptent-ils pas s' il ne sont pas Français?

Que certains tentent à chaque occasion de reconstituer une "union sacrée" pour camoufler la faillite de leur système capitaliste en tentant d'unir, "faire bloc",  les profiteurs de guerre et les marchands de canons avec la plèbe massacrée dans les tranchées, c'est un vieux truc qui ne marchera pas. Il est même pathétique de profiter de ce type d'événement pour tenter des opérations politiciennes de bas étage.  

Enfin, l'étrange l'amour soudain pour les enseignants de la part de Macron et sa clique qui démolissent pierre par pierre le service public de l'Education Nationale (l'Université incluse) comme ils cassent les services publics de la Santé, de l'Energie ou des Transports (SNCF).

La mort abominable de Samuel Paty nous brise le coeur et toute notre sympathie va à sa famille et à ses amis et collègues. Mais elle ne nous aveugle pas.

 

Antoine Manessis.

 

___________________________________________________

 

 

 

 

Commenter cet article