Snction contre l'inspecteur du travail Anthony Smith : NON l'affaire n'est pas close !

Publié le par FSC

SOURCE : L'Union en Champagne

 

 

L’affaire a entraîné une mobilisation nationale des syndicats et de nombreux élus de gauche. Inspecteur du travail, membre de la CGT, le Châlonnais Antony Smith avait été sanctionné le 15 avril puis muté d’office en Seine-et-Marne pour avoir notamment conduit « sans discernement » selon sa hiérarchie des interventions auprès d’une association d’aide à domicile du bassin rémois pour lui demander de fournir des masques à ses salariés.

Démission du chef de la direction générale du travail au ministère du Travail

Entrée en fonction le 6 juillet dernier, la nouvelle ministre du Travail n’aurait pas apprécié la gestion de cette affaire. Elisabeth Borne a ainsi accepté la démission de l’un des plus hauts responsables de son ministère, en raison d’un «  désaccord profond » sur la manière dont il a géré le dossier. Le directeur général du Travail (DGT), Yves Struillou, a remis sa démission vendredi et Mme Borne l’a acceptée.

La ministre et son directeur général du travail « convergeaient sur la sanction prononcée », toutefois « il existait un désaccord profond sur la manière dont le dossier était conduit », a encore indiqué le ministère.


Selon nos confrères du Monde, ce désaccord portait notamment sur la manière dont a été réalisé le rapport disciplinaire ayant conduit à la sanction contre l’inspecteur du travail.

 

Mme Borne « était sans doute sur une ligne moins dure » que son DGT sur « l’application de la sanction », et a procédé à un « rétropédalage au détriment de M. Struillou, qui estimait sans doute qu’il fallait aller jusqu’au bout », a commenté Julien Boeldieu, secrétaire général du syndicat CGT du Travail (SNTEFP CGT), et lui-même inspecteur du travail.

Il était reproché à M. Smith d’avoir exigé la mise à disposition d’équipements de protection individuelle (notamment des masques) et la mise en oeuvre de mesures de protection contre le Covid-19 au bénéfice de salariées d’une association d’aide à domicile à une époque où les masques, qui faisaient défaut, n’étaient pas obligatoires.

Pour M. Boeldieu, Mme Borne « ne pouvait plus assumer l’incohérence sur la question du port du masque: ça devenait intenable de sanctionner quelqu’un pour ça, au moment où on impose le port du masque en entreprises », a-t-il fait valoir, qualifiant de « victoire » la démission de M. Struillou.

La ministre, qui a succédé début juillet à Muriel Pénicaud, « n’a pas voulu se dédire entièrement » en annulant totalement la sanction, analyse le syndicaliste. Elle «essaie de faire un tour de passe-passe en disant que le dossier est clos, mais pour nous il ne l’est pas: il reste une mutation d’office qui nous paraît injustifiée et disproportionnée», a-t-il ajouté.

Depuis le début de cette affaire, M. Smith est soutenu par les syndicats CGT, FO, FSU, SUD et CNT. Le 21 juillet, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées devant le ministère des Solidarités, à l’appel de cette intersyndicale. Une pétition de soutien lancée mi-avril a recueilli près de 150.000 signatures.

Anthony Smith a été sanctionné « parce qu’il a trop bien fait son travail », avait affirmé lors du rassemblement le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez.

Une sanction allégée

Si la mutation d’Anthony Smith a été confirmée par le ministère, la sanction a été « aménagée » l’inspecteur du travail Marnais étant désormais transférée dans la Meuse, plus proche de son lieu de résidence dans la Marne. « Une bonne nouvelle » pour les soutiens d’Anthony Smith mais qui n’est pas suffisante. Ils ont décidé de continuer à se mobiliser pour demander « l’annulation des sanctions et la réintégration dans son poste d’origine dans le Marne ».

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