Lutte contre la pauvreté, une priorité enterrée !

Publié le par FSC

Comment s'étonner de cette situation en sachant que la priorité des priorités pour Macron, l'oligarchie, le patronat, les actionnaires ... c'est le profit !

 

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SOURCE : l'Humanité

Deux ans après le lancement du plan pauvreté, il ne reste plus grand-chose de l’ambition affichée. Inquiétant, alors que la crise sociale frappe de plus en plus de ménages.

C’est un anniversaire au goût amer. Le 13 septembre 2018, Emmanuel Macron annonçait les grandes lignes de son plan de lutte contre la pauvreté. « Nous voulons lancer un combat neuf, vital pour notre pays : celui de ne résolument plus oublier personne », avait alors lancé le président de la République. Deux ans plus tard, que reste-t-il de l’ambition alors affichée ? La composition, en juillet dernier, du gouvernement de Jean Castex a donné un premier indice. Le secrétariat d’État chargé de la Pauvreté a tout bonnement disparu. L’annonce du plan de relance en a été une autre. « Le gouvernement n’a une nouvelle fois pas pris la mesure de la réalité vécue par 9 millions de nos concitoyens, dont 3 millions d’enfants. En effet, moins de 1 % des 100 milliards débloqués dans le cadre du plan de relance sont dédiés aux plus précaires », s’insurgeait, début septembre, le collectif Alerte. Les conséquences sociales de la crise sanitaire ne sont pas encore mesurables que, déjà, les chiffres de l’Insee publiés le 8 septembre font apparaître une hausse de 0,7 point de la part de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté entre 2017 et 2018 et une amélioration des revenus des plus riches. « Les mesures de lutte contre la pauvreté n’ont pas permis de compenser des décisions prises en début de quinquennat comme la baisse des APL, la désindexation des minima sociaux et, plus généralement, une orientation politique défavorable aux plus pauvres », résume Florent Gueguen, directeur général de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars).

Les mesures du plan contre la pauvreté, elles-mêmes, n’ont pas fait long feu. Axe central du projet, la fusion des minima sociaux au sein d’un seul Revenu universel d’insertion a apparemment été enterrée. Sur le papier, elle devait, en les regroupant, simplifier l’obtention des prestations et lutter contre le nombre élevé (30 %) de personnes pouvant prétendre au RSA, mais n’en faisant pas la demande. Sauf que le gouvernement souhaitait une réforme à coût constant, quitte à abaisser les montants ou à faire disparaître certaines allocations spécifiques.

La création d’un grand service public de l’inclusion est elle aussi au point mort. L’idée était de garantir un accompagnement social à tout bénéficiaire du RSA pour l’aider dans ses démarches de recherche d’emploi et de formation. Les finances devaient en partie venir de l’État. « Nous avons rencontré la nouvelle ministre en charge de l’Insertion, et on a vu une volonté de relancer cette partie du plan », précise Florent Gueguen.

La lutte contre les « inégalités de destin » est le seul volet du plan pauvreté à avoir avancé. On y trouve pêle-mêle la création de places en crèche pour les plus pauvres, des petits déjeuners gratuits, des aides aux villes qui mettent en place des systèmes de tarification sociale pour la cantine et le dédoublement des classes de CP et CE2 dans les quartiers jugés difficiles. Des mesures bienvenues mais insuffisantes.

Alors que la crise économique frappe les plus précaires, aucune aide n’est prévue dans leur direction. « Nous nous heurtons à un vrai blocage idéologique sur nos revendications principales, qui sont la hausse des minima sociaux et l’ouverture du RSA aux moins de 25 ans, insiste Florent Gueguen.Il y a un refus de principe au plus haut niveau de l’État, au motif qu’il faut mettre l’accent sur la remise au travail. »

Camille Bauer

 
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