BOUCHES DU RHONE : La marche pour l’emploi de la CGT a fait un arrêt à Marignane

Publié le par FSC

 

Quoi de plus symbolique pour annoncer une semaine de mobilisation chargée qu’un rendez-vous devant le comité d’entreprise (CE) d’Air France à Marignane ? C’est ce que prévoit ce mardi, l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône (UD CGT 13), après une première manifestation à Aix-en-Provence, la semaine dernière. 7 500 suppressions de postes, un quart des effectifs, c’est ce qu’a annoncé la direction de l’aviateur français, en juillet. Un plan de licenciements qui concerne les pilotes, les hôtesses de l’air et personnels au sol. Le lieu de la manifestation du jour est tout trouvé.

« Depuis le confinement, c’est un secteur où l’activité est réduite. Il y a des enjeux dans l’aérien et l’aéronautique, on pense à Air France mais aussi Air Algérie, qui a aussi une délégation de service public », explique Yann Manneval, secrétaire de l’UD CGT 13. Car si le plan de licenciements d’Air France est important, le syndicaliste craint qu’il y en ait « en cascade chez toutes les sociétés de sous-traitance ». Il faut dire que l’histoire lui donne raison : Airbus, Derichebourg Aeronautics, Daher... Quand l’un licencie, les autres suivent. « Ils profitent de la crise sanitaire pour mettre la pression aux salariés pour des accords de régressions sociales », commente Yann Manneval. Par « accord de régressions sociales », il faut comprendre les accords de performance collective auxquels les entreprises ont de plus en plus recours. C’est un dispositif qui permet à un employeur de proposer une réduction de salaire ou une augmentation des heures de travail à ses salariés. S’ils refusent, c’est la porte.

Le CE d’Air France a souvent été visé par l’UD CGT 13. Mais c’est dans un autre contexte que s’inscrit cette mobilisation. C’est bien « l’emploi et la dignité » qui sont au cœur de la démarche syndicale.

Un sujet politique

Car au-delà des questions de licenciements, l’aérien est aussi un sujet éminemment politique : « Fragiliser Air France, c’est aller plus loin dans la privatisation de l’aérien, sa place sera prise par d’autres, des compagnies low cost. » Et qui dit compagnie low cost, dit salariés payés au lance-pierres, avec des conditions de travail souvent difficiles. « Depuis des années, l’aérien est la porte d’entrée des stratégies de casse de statuts », développe Yann Manneval.

Pour rappel, la CGT organise plusieurs actions de ce type selon les bassins d’emplois. Marseille sera visée ce 17 septembre, puis l’étang de Berre la semaine d’après. Une approche géographique qui là encore, est liée aux enjeux sociaux : « L’enjeu dans le secteur aérien concerne les salariés, mais on parle aussi d’aménagement du territoire », conclut Yann Manneval.

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