Signature appel commun syndicats/patronat : la CGT de Haute-Garonne interpelle à son tour la direction confédérale

Publié le par FSC

 
Haute-Garonne, le 22 mars 2020
 

Aux Camarades de la direction confédérale (CCN, CEC, BC),

 
Chère, Cher Camarade,

 Nous avons pris connaissance d'une soi-disant "position commune" des organisations syndicales de salariés et de patrons. Dans cette période trouble il n'est pas étonnant que des initiatives inappropriées trouvent à s'exprimer, qu'elles qu'en soient les raisons ou les motivations.


Pour autant, des responsables syndicaux et des bases organisées de la Haute-Garonne nous interpellent pour nous dire qu'on ne peut pas faire dire n'importe quoi à la CGT et que nul ne peut signer des déclarations qui vont à l'encontre des fondamentaux de notre organisation.

Ils ont raison.

 Une frontière sépare l'expression confédérale sur le COVID parue cette semaine et le contenu du texte commun patrons-syndicats daté du 19 mars. Cette ligne de démarcation est celle de l'affrontement de classe.
Il ressort de nos contacts de ces derniers jours avec les syndicats du département que la CGT doit avoir une et une seule préoccupation: permettre aux salariés de protéger leur santé, leur vie et celle de leurs proches.

Nous faisons le constat quotidien que les intérêts des patrons et les politiques du gouvernement ne vont pas dans ce sens-là.

Il est clair que l'épidémie sert d'excuse et de prétexte pour accélérer la casse des droits des salariés et l'accaparement des richesses. On le vérifie avec l’adoption de la loi dite « d’urgence sanitaire. »

La CGT est l'outil des salariés, organisée et dirigée par les salariés pour les salariés.

C'est pourquoi, dans l'entreprise comme avec le gouvernement la CGT n’acceptera jamais aucune concession ni arrangement, aussi petits soient-ils.

"L’union nationale" ne fait pas partie des orientations de la CGT, ni de ses décisions de congrès, ni de ses statuts. Pour les salariés, l’alliance avec l’ennemi de classe, responsable de la crise du capital et de ses effets, n’est pas une option.

Encore moins dans cette période où nous observons que les directions d’entreprises n’hésitent pas à faire courir tous les risques aux salariés pour entretenir leurs profits.


Les salariés ont besoin de repères clairs et solides vers lesquels se tourner pour affronter l'épreuve du moment et se projeter dans l'avenir. C’est le rôle de la CGT de donner du sens et un contenu au combat des travailleuses et des travailleurs et de cette manière de leur ouvrir des perspectives de victoire en termes de transformation sociale.

 C'est pourquoi toutes les expressions de la CGT, qu’elles soient de son seul fait ou unitaires, doivent réaffirmer les fondamentaux de notre organisation et la détermination de nos militants à défendre et faire progresser les conditions de vie et de travail des salariés par les moyens d'actions que sont le droit de retrait, les arrêts de travail et la grève.

Dans cette période de crise où nos droits sont remis en cause, il est plus important que jamais de se montrer vigilants et déterminés. Les droits des salariés doivent-être intégralement conservés.

Mais au-delà, toutes les mesures doivent-être prises pour qu’une telle situation ne se reproduise jamais :

  •  Une priorité absolue doit-être donnée à la protection des salariés et toutes les mesures doivent-être prises,
  • L’activité doit-être réellement arrêtée dans tous les secteurs, ateliers, services non nécessaires. Une liste précise des établissements autorisés à rester ouverts doit-être établie par département.
  • Les entreprises désignées pour rester ouvertes relèvent de l’utilité publique. En ce sens-là, une réflexion doit-être menée sur leur finalité et des mesures prises concernant leur propriété, le statut des salariés qui y travaillent et la nécessité de nationaliser leur activité,
  •  Le salaire des travailleuses et des travailleurs en arrêt ou en télétravail doit-être entièrement maintenu durant toute la durée du confinement,
  • Les licenciements doivent-être interdits,
  • C’est le sens de ce message que nous adressons aux camarades de la direction confédérale (CCN, CEC, BC.)

 
1- Rappeler les éléments de fond ci-dessus,

2- Exiger que la forme démocratique soit respectée dans chaque prise de décision, quelle que soit la situation générale.

 
Nous demandons à la CEC qui devrait se réunir mardi de débattre de ces questions et de réunir rapidement les organisations du CCN (téléphoniquement bien sûr) pour faire un point sur la situation, partager nos analyses et réaffirmer les priorités de la CGT dans le respect des orientations et règles de vie.

 
Fraternellement,
 

Le Secrétaire Général,

Cédric CAUBÈRE

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Cette interpellation après de nombreuses autres montre :

  • que la démarche de contestation de la déclaration commune avec le MEDEF (en fichier joint) est loin d'être minoritaire dans la CGT
     
  • que la CEN confédérale ( texte également joint) renvoie à plus tard les explications nécessaires alors que loin de se réduire à des menaces à l'égard de dirigeants la demande principale est que la CGT retire sa signature de cette déclaration .
     
  • que le temps des explications doit venir moins comme règlement de compte comme le suggère implicitement la déclaration de la CE, mais comme analyse de fonds des orientations de la CGT que nous sommes nombreux à demander depuis longtemps et qui à ce jour a toujours été refusée portant notamment sur les références au "dialogue social", au "syndicalisme rassemblé", aux appartenances internationales de la confédération, à l'apport spécifique propre de la CGT aux transformations en profondeur de la société (la double besogne de la Charte d'Amiens)...
     
  • qu'au moment où le pouvoir et le patronat mettent à profit la crise actuelle pour s'en prendre à nouveau au Code du travail ce n'est pas l'union sacrée et le "dialogue social" qui peuvent constituer les outils de la défense des intérêts des travailleurs!

La crise actuelle qui nous met tous à l'épreuve mais les organisations aussi doit être l'occasion de réinterroger nos orientations afin d'affronter les temps qui viennent et qui se réduiront pas à la crise sanitaire!

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EXTRAIT de la déclaration de la Commission exécutive confédérale

C’est dans ce cadre que s’est tenue une réunion entre les 5 confédérations syndicales et les 3 organisations patronales.
Elle a fait l’objet d’un relevé de réunion qui n’a aucun caractère contraignant ou contractuel dont vous avez eu connaissance. Elle se résume en 5 points :

 

Quelques organisations de la CGT et des membres de la CEC ont envoyé un texte au CCN. Si ce genre d’initiatives n’est malheureusement pas nouveau à la CGT, il prend cette fois un caractère particulier puisque largement diffusé sur les réseaux sociaux avec des insultes graves
comme « complicité de drames humains », voire des menaces vis-à-vis de dirigeants  confédéraux. Chacune et chacun pourra se faire son opinion et le temps des explications internes viendra.

 

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