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Conditions dégradées des Travailleurs détachés agricoles du Sud Est de la France : ils se renvoient la balle !

Publié le par FSC

Ils se renvoient la balle mais ce sont bien les conditions de précarité et de dépendance dans lesquelles sont mis ces salariés qui permettent ces soit-disant dérives.

Parce que la précarisation des travailleurs est au cœur des contre-réformes en cours en Europe et dans la France macronienne;

Afin de pouvoir livrer les salariés, les soit-disant "travailleurs indépendants" au bon vouloir du patronat et du "marché libre et non faussée" si cher à l'Union européenne!

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Selon la CGT, des travailleurs détachés, employés via des sociétés d’intérim espagnoles, travaillent dans des conditions dégradées pour des exploitants agricoles du sud-est de la France. La FNSEA remet la faute sur les sociétés d’intérim.

 

On peut les croiser dans des exploitations agricoles des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, ou encore du Gard, dans le Sud-Est de la France. Eux, ce sont des travailleurs agricoles détachés venus d’Amérique Latine, du Maroc, ou encore d’Afrique subsaharienne. Après avoir obtenu des permis de séjour en Espagne, ils sont embauchés par des entreprises d’intérim espagnoles pour venir travailler en France. Problème, selon Franck Ariès, élu CGT du Vaucluse leurs conditions de travail en France sont “infâmes” : des journées qui peuvent aller jusqu’à 11 heures d’affilée, sept jours sur sept.

“Officiellement, ces personnes sont payées au Smic, mais leur rémunération ne comprend ni les congés payés, ni les heures supplémentaires. Ce qui fait que si l’on divise leur salaire par le nombre d’heure effectivement travaillées, on arrive parfois à une rémunération de cinq euros de l’heure”, détaille le délégué syndical. Et leur calvaire ne s’arrête pas là selon le délégué syndical : “Si un de ces salariés détachés a un accident du travail, il est renvoyé dans l’heure”.

 

Quelles sont donc les exploitations agricoles visées par la CGT ? L’organisation syndicale ne veut pas communiquer leurs noms pour le moment, mais promet de le faire dans les semaines qui viennent. “Ce que je peux vous dire, en tout cas, c’est que ce sont, pour la plupart, de grands maraîchers de la vallée de la Durance, mais aussi des entreprises spécialisées dans l’emballage des fruits et légumes”, précise l’élu cégétiste.

Deux principales sociétés d’intérim espagnoles sont concernées par ces cas d’exploitation de travailleurs détachés : Terra Fecundis et Laboral Terra. “La première, qui a fait l’objet d’une enquête ouverte par le parquet de Marseille en 2014 pour des suspicions de "fraude aux prestations de service internationales", faisait par exemple dormir des travailleurs équatoriens par huit dans des bungalows prévus pour deux, tout en faisant payer ce logement sur leurs salaires”, indique Franck Ariès de la CGT. De son côté, toujours selon le syndicat, Laboral Terra aurait promis à des travailleuses marocaines un logement à leur arrivée dans les exploitations françaises, “ce qu’elles n’ont jamais eu, les obligeant parfois à se prostituer, notamment à Avignon”.

Pour la FNSA, ce sont surtout les sociétés d’intérims qui sont fautives

Du côté de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), on cible également les sociétés d’intérim espagnoles. “Ces entreprises ont des fonctionnement qu’il nous est difficile de connaître. Peut-être qu’elle n’appliquent pas vraiment la réglementation, mais nous n’avons pas les moyens de le vérifier”, justifie Brigitte Amourdedieu, élue en charge de l’emploi au sein de la branche régionale PACA de la FNSEA. En dépit des allégations de la CGT , elle déclare également comprendre les exploitants agricoles qui font appel aux travailleurs détachés. Ils n’auraient pas souvent “le choix”, en raison du manque de main d’oeuvre en France pour les récoltes.

 

La CGT s’est rapprochée de cinq salariés détachés pour lancer une action aux prud’hommes. “L’audience doit avoir lieu en octobre prochain. Nous attaquons une dizaine d’entreprises, à la fois des sociétés d’intérim, mais aussi des donneurs d’ordre français, c’est-à-dire des exploitants agricoles”, précise l’élu syndical.

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